Ce matin, en route pour aller voir ce qui se cache sur ce plateau de plusieurs dizaines d'hectares...
A peine franchie la première barre de rochers nous découvrons les vestiges de nombreuses constructions en pierres sèches encore debout. Partout des enceintes de pierres de belles dimensions, des alignements, des pierres levées, tous ces vestiges ne datant pas forcément de la même époque. Quelques tessons de poterie et aucune trace d'outils, meules ou autre, à part 2 objets taillés.
En nous rapprochant du bord de la falaise, le relief a favorisé les abris sous roche, très nombreux et aménagés, mais pas de peintures ni de gravures.
Enfin au bord de la falaise nous découvrons une spectaculaire sculpture naturelle. En contrebas se dessine un oued magnifique. Des cris bien identifiables se répercutent sur les parois : un groupe de babouins traverse l'oued jusqu'à une guelta dans la falaise.
Après 4 heures de marche et près de 8km parcourus sur le site sans réussir à en faire le tour, une bonne sieste s'impose. Et pourquoi pas cet après-midi chercher un cheminement pour un bivouac dans ce bel oued à singes
@oc07 : salut Olivier, je n'avais pas vu ton post du 31 décembre. Tu ne pollues rien du tout, cest malheureusement un triste constat. C'est un véritable bonheur de retrouver au cours de ce voyage des contacts simples et cordiaux avec les gens.
En repartant sur nos traces d'hier on entend soudain un gros "pfffffuuuiiittt" en provenance de la roue arrière gauche. Arrêt immédiat heureusement sur du plat : c'est la valve métallique du pneu qui a été sectionnée sûrement par un caillou. L'opération changement de la roue nous prendra une petite heure sans se mettre la pression
Puis nous cherchons l'accès à l'oued vu d'en haut ce matin. Pas vraiment fastoche, de la caillasse et encore de la caillasse . En plus on tombe sur un gardien de chèvres qui tient absolument à nous montrer par où il faut passer. Il a juste oublié qu'on n'est pas à pied mais avec un camion. Et il veut de l'argent en échange d'un service qui ne nous avance pas du tout. On essaie de s'en débarrasser en lui offrant 2 pommes, il nous montre qu'il n'a plus de dents . On lui file un paquet de biscuits, il est tellement content qu'il ne nous lâche plus .
On finit par trouver un passage car l'oued est obstrué par de gros blocs de rochers. Enfin débarrassés de Papy gâteau, voilà qu'on tombe maintenant sur un mec à moto qui ne veut pas qu'on aille dans l'oued mais nous indique, contre de l'argent, une route dont on sait d'après la vue satellite qu'elle n'est bonne que pour sa moto. On continue tant qu'on peut dans l'oued jusqu'à ce qu'on ne puisse plus passer à cause des rochers . On finira d'explorer à pied demain matin.
En attendant on se pose, on ramasse du bois pour le feu du soir et on regarde se lever une lune incroyable
Ce matin nous continuons à pied dans l'oued. A environ 1km de l'endroit où nous bivouaquons nous atteignons le bord de la falaise qui surplombe la guelta. Pratiquement pas d'eau, seulement de la boue argileuse. Les singes sont passés par là mais nous ne les apercevrons même pas !!!
Retour sur nos pas. Au programme de l'après-midi traversée d'un grand plateau sans intérêt particulier.
Au bout d'une heure nous avons parcouru 10 km. La piste n'est pas difficile mais très peu roulante. Il nous reste plus de 100km à faire... Il est midi, on s'arrête sous le plus gros acacia du coin qui ne fait même pas 3m de haut et où nous arrivons tout juste à glisser la table...
Haha, le chapitre avec Papy gâteau m'a bien fait marré, merci ! vos comptes rendus sont de toutes façons tjs très bien narrés, on est jamais déçu avec vous !
L'ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit. (Aristote)
Bonjour Annick et Pierre,
Des rencontres, tout de même, plus ou moins faciles, entre le gardien des babouins et les gardiens des pistes !
Vous n'êtes donc pas complètement seuls mais tellement tranquilles face à ces paysages grandioses. Un beau voyage qu'on a la chance de suivre en direct, avec plaisir !
Bonne continuation dans cette année qui débute fort !
Je ne sais pas si tout le monde va en Mauritanie en ce moment mais depuis qu'on y est on n'a croisé ni 4x4 ni touriste !! Et pour Alinkonito et Claudius nous suivrons attentivement les parcours pour voir si on se croise à un moment ou un autre. Ce sera avec plaisir !
Cet après-midi liaison sans intérêt comme le sont souvent les liaisons. Bivouac utilitaire mais pas désagréable.
Pour agrémenter cette journée pauvre en images, j'ai extrait quelques unes des photos de babouins prises le 1er janvier avec mon appareil photo.
Aujourd'hui nous avons fait un "retour aux sources", je pense que ça parlera à Ed et Nad . On voulait effacer les deux dernières tentatives avortées : la première fois impossible d'accéder, la zone était noyée sous les eaux. La deuxième fois nous avons dû écourter l'exploration, nos compagnons de voyage n'ayant pas les mêmes motivations que nous. Depuis des dizaines d'années personne, d'après Gandini, n'avait confirmé la présence de crocodiles dans ces gueltas étagées. Aujourd'hui nous en avons eu la confirmation : nous avons furtivement aperçu le dos d'un spécimen au bas de la dernière guelta qui se perd dans la végétation, nous étions à 2m de la bête quand elle s'est réfugiée sous les herbes. Ça nous a un peu refroidis pour la suite de l'exploration malgré les 35° ressentis . Les gardiens de troupeaux nous confirment la présence d'autres individus. Ils veillent d'ailleurs à ce que les bêtes, en nombre important ne s'aventurent pas dans cette zone.
Le bestiau est dans cette petite coulée verte, mais il ne nous fera pas la grâce de se montrer
Pour la suite de l'après-midi, nous voulons réaliser une jonction pour passer entre un plateau et un petit massif, après les deux tentatives précédentes déjà citées. Pierre a repéré un parcours à charrettes avec un départ compliqué même pour les charrettes, à cause du relief rocheux. Et finalement, après 2 ou 3 passages un peu ardus du fait de notre gabarit, le cheminement devient facile et nous rejoignons de l'autre côté la partie du parcours où nous nous étions arrêtés la première fois. Pour fêter ça nous sélectionnons un bivouac 1ère classe .
Salut Annick et Pierre;
Je ne sais pas si on se croisera. je pense que notre parcours sera beaucoup moins aventureux et plus classique que le vôtre. Et nous ne verrons malheureusement pas les très beaux endroits que vous nous faites découvrir et qui nous font rêver.
Dans tous les cas, on vous suit en images. Merci.
Claude, à 5 jours du départ.
Ford Ranger super cab + cellule autoconstruite = Euskal-Go-bi, la cellule du PaysBasque.
A "Claude à 5 jours du départ"
Depuis 2014, c'est notre 8ème voyage en Mauritanie. Lors de nos premières visites nous avons découvert les merveilles qui vous attendent : les grands ergs, les oueds somptueux, et les villes et sites emblématiques qui vous donneront forcément envie de revenir . Aujourd'hui nous avons adopté un rythme de voyage différent en allant chercher de petits coins perdus qui demandent un peu d'efforts pour y accéder.
Ce matin nous quittons notre bivouac et retrouvons nos traces de charrettes d'hier, suffisamment récentes pour faciliter le cheminement entre les acacias. Par rapport à notre premier passage il y a 2 ans tous les lacs temporaires bien remplis qui nous avaient empêché de passer sont aujourd'hui à sec, nous roulons sur une épaisse couche d'argile dure comme du béton qui facilite grandement la progression.
Et tout à coup ce qui devait arriver arrive, les traces s'arrêtent devant le campement du berger .
Nous voilà livrés à nous même dans le dédale d'acacias
A un moment nous suivons partiellement des points d'une piste Gandini, mais ça fait bien longtemps qu'on n'a vu aucune trace autre que celles de la charrette, c'est à se demander si quelqu'un a suivi cette trace un jour.
De notre côté nous visons la guelta Menhal, toujours sur le chemin des sources. Un oued providentiel nous en rapproche. Nous terminons à pied pour la découvrir après 1 heure de marche, guidés par les piaillements de centaines de petits piafs jaunes à bec orange.
Un bel abri sous roche surplombe l'endroit et les traces tout autour révèlent la présence de petits singes, confirmée par une odeur d'urine très particulière. Ils ont vidé les lieux mais la grotte doit probablement être leur refuge.
Les arbres font preuve d'une incroyable vitalité, les acacias ont moins d'épines et plus de feuilles, certains sont même fleuris, c'est normal, c'est la période de la fête du mimosa
Cet après-midi nous avons entrepris de rejoindre l'itinéraire Tc de Gandini, p. 520 à523 de son guide, intitulé le chemin des sources.
La source où nous étions ce matin ne fait pas partie de son itinéraire.
Nous nous rendons compte rapidement de la difficulté de la progression, entre végétation, talus, ravines, blocs de rochers et plaques schistiques. Nous avons passé l'après-midi à contourner, revenir sur nos pas et chercher d'improbables passages. Aucune trace visible d'un quelconque véhicule, le terrain est tout simplement chaotique. La progression n'est pas impossible mais trop laborieuse et ni intéressante ni ludique. De plus en cas de problème, quel qu'il soit, même en donnant le point gps, je ne vois pas qui pourrait venir nous tirer de là. Il est probable que personne ne soit passé depuis Gandini. Si quelqu'un l'a fait nous serions intéressés par son retour.
En ce qui nous concerne nous avons fait demi-tour. Nous ne sommes pas loin du bivouac d'hier soir et demain nous chercherons un cheminement pour récupérer un axe principal.
La partie nord est relativement roulante, mais pas la jonction nord sud.
Pas de photos, pas le temps et de toute façon rien à photographier...
Salut à vous,
J'avais envisagé ce circuit du Gandini dans un futur prévisionnel:
Donc tes infos et remarques sont intéressantes.
Je pense aussi que les dernières inondations (où vous étiez présents) ont peut être changé certains passages...
Edmond
Toyota Hilux DC 3L D4D BVA 2008 Gazell' V1 grand raid 2013 N°13
Bonjour, bravo! en ce qui me concerne, malgré nos voyages en Mauritanie, je n'ai jamais vu de singes. Pourriez vous nous donner les points GPS? Nous allons en Février de cette année, éventuellement je ferais le détour. Merci d'avance JM
Bonjour Edmond, le trajet se complique dans le milieu du parcours. Au départ de Garaouel nous n'avons pas suivi le trajet Gandini car nous sommes partis au cap. Pas de pistes, quelques traces de charrettes. Cette année est une année sèche et il n'y a pas de zones humides à contourner ce qui facilite la progression. Si tu souhaites suivre ce parcours dans un futur voyage, on en discutera de façon plus précise.
Pour Jean Marie : dans le Tagant, les singes sont présents partout où il y a de l'eau et des rochers. Le meilleur exemple est la guelta aux crocos Metraoucha où Cyril (arthrospira) en a filmé des dizaines avec son drone et où Olivier (oc07) en a vu également. On ne les voit que tôt le matin et en fin de journée, le reste du temps ils partent ailleurs en quête de nourriture.
Aujourd'hui le temps est couvert. Nous avons eu un peu de pluie cette nuit, à peine quelques gouttes qui ne suffisent pas à mouiller le sol. Ce matin invasion de fourmis dans la poubelle, impossible de la rentrer dans le camion. Corvée de bois et brûlage des ordures avant de partir... et récolte de fourmis grillées pour l'apéro de ce soir
Une étude minutieuse du relief et de la végétation sur Google Earth nous fournit des indications précieuses pour sortir du merdier dans lequel on est.
Les traces de bestiaux et de charrettes nous remettent sur la bonne voie. Un chacal court devant nous. Quelques chevaux, inhabituels par ici, paissent tranquillement. Un félin traverse la piste ventre à terre : renseignements pris sur le net, il s'agit d'un chat des sables. Incroyable d'en avoir croisé un !
Nous atteignons un village aux allures fantomatiques dans cette lumière blafarde à partir duquel nous retrouvons une piste qui nous ramène sur le goudron.
Nous atteignons Moudjeria où un couple d'Allemands dans un camion Man pas tout à fait neuf cumule les problèmes : il a cassé son turbo et consomme autant d'huile que de gasoil et le compresseur d'air pour ses freins a rendu son dernier souffle et l'a stoppé net. Il attend un porte-char pour regagner Nouakchott.
Nous sortons du goudron pour notre pause de midi et plus si affinités
Cette météo n'est guère enthousiasmante , on a été habitué à tellement mieux depuis qu'on est arrivé . En zieutant la carte satellite on repère ça :
Et "ça" se trouve à une vingtaine de km de là où on est... On tente ?
Et c'est parti pour une séance de montagnes russes au cap dans les dunettes végétalisées, en enregistrant soigneusement la trace arrière au cazou...
Le dieu des conducteurs de charrettes doit veiller sur nous car nous finissons par trouver une trace qui facilite grandement notre progression. Et puis le soleil revient et les paysages qui nous entourent sont plutôt agréables à regarder.
L'arrivée est royale : dans un oued tout propre juste au pied du relief repéré . Le temps de poser le camion et on part explorer les lieux.
Le site est assez étendu, les murs encore bien hauts. Mais nous ignorons de quand datent ces ruines. Les constructions sont toutes sur un plan identique, un espace assez grand, peut-être le lieu de vie, généralement circulaire, qui communique avec un espace plus petit et rectangulaire, pour les animaux ???
Le sol de certaines d'entre elles est jonché de tessons de poterie qui forment presque une mosaïque. Certains tessons sont très épais, peut-être pour des récipients plus gros comme des jarres ??? On trouve aussi des meules et des meulettes cassées laissées sur place car pas utilisables. Et une pierre volontairement piquetée pour un usage particulier ???
Bref, on se balade 2h sur le site en se laissant transporter hors du temps...
En rentrant de la balade, le camion est encore plus beau dans la lumière de fin d'après-midi
Une journée qui nous aura comblés au-delà de nos attentes !