Il pleut toujours et encore ce matin, et nous passons la frontière entre la Hongrie et la Slovaquie sans nous en rendre compte. Nous ressentons une impression bizarre lors de notre arrêt dans le premier village slovaque où un important mémorial rappelle la libération du village de Skaros par les soviétiques après une intense bataille le 18 décembre 1944. Dans le bois, un monument est érigé et des canons et un char d’assaut sont exposés sous les arbres, comme en situation de combat. Au sol, un parterre fleuri de muguet et de soucis tente d’apaiser la scène, et nous fait penser au projet de mise en valeur du site militaire de tir des V1 allemands dans la forêt de Heawy en Normandie.
En contrebas, un joli théâtre de plein air donne envie d’assister à une représentation, ou de danser sur le parquet abrité.
Nous arrivons tôt dans la ville de Kosice pour la visite d’un musée. Pas de chance, car en ce jour particulier, les musées de la ville sont fermés. En fait ils n’ouvriront tous que plus tard en fin d’après-midi pour la nuit des musées, l’évènement culturel du printemps dans cette cité dynamique. Une déambulation au hasard des rues nous fait nous retrouver pour une pause dans une librairie-café très accueillante d’où nous repartirons avec un livre de photographies sur l’architecture brutaliste que je ne connaissais pas. Chance !
Nous revenons donc à l’heure du lancement de cette animation sur le parvis du Musée National où une foule déjà dense se presse pour cette occasion unique de déambuler nuitamment dans des lieux dédiés aux arts plastiques. L’ambiance est très familiale, avec des familles et de jeunes enfants , des animations festives au milieu des oeuvres qui reboostent l’intérêt pour ces endroits parfois encore un peu poussiéreux. Nous visitons plusieurs musées ainsi qu’une galerie d’art contemporain très intéressante, et même un musée des Sciences et Techniques, et différents lieux d’expositions privés cachés parfois dans de petits appartements de fond de cour d’immeuble, et partout une vraie joie de partager, parfois en présence de musique vivante. Très belle soirée dans cette ville surprenante où l’on se sent très à l’aise. Peut-être grâce au nombreux espaces piétons sans voiture, aux magasins fermés entre midi et 14H, aux élégantes qui déambulent avec grâce, aux bars accueillants… La découverte de Kosice est une jolie surprise pour nous.
Suite à cette soirée urbaine, nous choisissons de passer la nuit au camping de la ville que nous rejoignons tardivement sous la pluie. Au moment où la barrière s’ouvre pour nous laisser entrer, un avion passe juste au-dessus de nous à basse altitude. Impossible de ne pas penser au film d’Yves Robert “Nous irons tous au paradis”… On se rassure en se disant que dans une petite ville comme Kosice, le traffic aérien doit s’interrompre la nuit. Presque exact…
Au réveil, on s’aperçoit qu’une autre cellule, une Exkab sur Hilux Toyota immatriculé en Autriche, était installée à proximité de la nôtre. Pas le temps d’échanger un mot car les voyageurs ont quitté les lieux très tôt.
La pause déjeuner, puis finalement la nuit également, se feront au bord du lac Zempliska Sirava, près de Klokocov, sur ce qui fut un terrain de camping délaissé depuis plusieurs années. Nous avons un unique voisin installé à bonne distance, un suédois qui voyage seul dans un Defender suréquipé façon survivaliste, mais qui s’autorise le luxe d’un dîner sur une table avec nappe en tissu et verre à vin possiblement en cristal…
Nous visitons les installations d’un autre temps au bord du lac. Le soir venu, le vent se met à souffler, nous obligeant à déplacer notre campement de quelques dizaines de mètres pour s’adosser à une construction en dur qui nous abritera efficacement des rafales.