Amérique du Sud tome 4

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Olivier Crasquin
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Amérique du Sud tome 4

Message par Olivier Crasquin » jeu. 3 oct. 2019 19:44

Bonjour,

Olivier ayant très peu d'accès internet, il vient de me charger de vous partager ces deux premiers carnets de route
Il partagera des photos à son retour au mois de décembre

Bonne lecture

Bernard (Manard)

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Carnet de route N°1

Après un vol entassés comme gorets en bétaillère nous retrouvons les voitures parquées au bord du Rio de la Plata non loin de Montevideo. Contentes de nous revoir pour une nouvelle balade. C'est parti.

Une étape de liaison en principe sans intérêt s'enchante. A Paysandu en Uruguay, royaume du soja OGM, comme tous les ans on fait procession. A la mode locale. Sept mille, 7000 cavaliers, hommes, femmes et enfants partent pour un raid de 100km. Ils ont revêtu leur plus beau costume, chaussé de belles bottes, coiffé chapeaux et bérets, paré les chevaux. Les femmes portent de longues jupes colorées qui couvrent la croupe des chevaux, les hommes portent des étendards, l'ost est en marche. Impressionnante cette immense troupe de cavaliers qui longe la route sur des kilomètres dans une joyeuse anarchie qui bloque toute circulation.

Un chemin de traverse vers un semblant de village, une gare désaffectée et oubliée encombrée de vieux wagons en bois, un décor à la Sergio Leone. Lieu de bivouac insolite. Mais des voitures de police car on vient d'y assassiner une femme ! Invités par les flics à bivouaquer dans le jardin du "commissariat". Une première journée de ce voyage surprenante...

Nous retrouverons au cours des prochains mois des endroits déjà vus et parcourus lors des épisodes précédents. Peu importe car ces voyages nez au vent avec la Trapanelle sont autant une philosophie et un mode de vie qu'une découverte. Comme un livre dont la qualité d'écriture vaut plus que l'histoire. Nous savourons la liberté de ces errances de nomades au gré de nos envies d'ailleurs.

Visite des ruines d'une mission jésuite du XVII ème siècle. Une belle utopie qui s'est terminée dans le sang; le Pape, le roi d'Espagne et les colons brésiliens ne supportaient pas que les indiens guaranis ne fussent pas esclaves. No comment !

Demain nous verrons les chutes d'Iguazu. Churchill les ayant admirées disait qu'elles reléguaient celles de Victoria et Niagara au rang de cataractes de baignoire. Comme lui un cigare j'y fumerai une pipe pour vous raconter.
A bientôt.

Carnet de route N°2

Churchill avait raison, les chutes d'Iguazu sont les plus belles qu'il soit donné d'admirer. Au milieu d'une jungle tropicale elles s'étendent sur plusieurs kilomètres de large. Débit impressionnant, vacarme assourdissant, nuages d'eau vaporisée, le tumulte géant de cette folie de la nature est somptueux. Une des merveilles du monde. Sacré destin pour une molécule H2O...

Avant de filer vers le Mato Grosso del Sul au Brésil une petite pose à Puerto Iguazu pour régler quelques détails mécaniques ; jante fendue, batterie HS, vidange et autres. Un petit camping dans une jolie végétation au bord du rio Parana. Carlos, le tôlier, éléve perroquets et dobermans. Truculence du patron, bavardages et facéties des volatiles, garde rapprochée des cerbères. A nouveau l'extraordinaire gentillesse des argentins rencontrés au hasard des pérégrinations mécaniques. Ici on ne râle pas, on sourit, au garage les heures passent comme au spectacle. Belle leçon pour gringo grognon...

Sortant d'Argentine le Brésil paraît opulent. Villes, habitations, voitures, tout est plus riche.
"Grâce" à l'agriculture intensive ? A perte de vue champs de maïs et soja, silos gigantesques et usines de production d'éthanol. Un bouquet d'arbres autour des fermes, des routes défoncées par les norias de camions. On ne s'attarde pas... Faute de mieux bivouac dans un Bagdad Café tropical plein de gentillesse, de moustiques et de bière fraîche.

Partout des panneaux portant l'horrible mot "fiscalisation". Fiscalisation ici, fiscalisation là, l'angoisse. Mais le mot ne signifie que "contrôle". Ouf...

Dans le Pantanal l'élevage remplace la culture. En cette fin de saison sèche, pâtures pelées semées d'arbres tristes, bosquets avachis et vaches étiques. Pas vraiment la végétation luxuriante de mon imagination. En outre une chaleur à mettre un cantonnier en arrêt maladie !
40,5° dans la cellule. Nous allons avoir quelques nuits difficiles...
Divine surprise, un rio à l'eau cristalline, l'ombre de beaux arbres pleins de singes. Le bain est un bonheur. Autour quelques brésiliennes vêtues d'une ficelle belles à damner un imam.
Et on nous invite à partager un barbecue succulent. On va se poser un peu...

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K_Anne_AK
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Re: Amérique du Sud tome 4

Message par K_Anne_AK » ven. 4 oct. 2019 06:20

Merci pour ce récit écrit très élégamment !
Hâte de voir les photos qui vont avec. ... :merci:

andré
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Re: Amérique du Sud tome 4

Message par andré » ven. 4 oct. 2019 08:02

Bonjour à vous 4, merci à Olivier pour ces superbes carnets de route, très agréables à lire. Dommage, cette fois ci nous ne risquons plus de nous rencontrer puisque de retour.

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dakure 25
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Re: Amérique du Sud tome 4

Message par dakure 25 » ven. 4 oct. 2019 15:15

Merci c'est très plaisant à lire, j'aime bien le ton ;-))
Ford Ranger simple cabine, K-Hutte 2.70 toit relevable complet.

Ca ne sert à rien de jouer au con, ce sont toujours les mêmes qui gagnent..

Olivier Crasquin
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Re: Amérique du Sud tome 4

Message par Olivier Crasquin » sam. 5 oct. 2019 09:36

Bonjour,

Et voici le carnet N°3 tout fraîchement reçu avec toujours la pointe d'humour de Christine qui tient la plume :lol:

Bonne lecture et bonne journée

Bernard

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Carnet de route N °3

Que calor !
22h00, il fait encore 37°, à l'extérieur... 98% d'humidité. Assommés, anéantis, ruisselants, dégoulinants, hébétés par cette étuve. Il paraît qu'il fait chaud en enfer, je ne veux pas y aller ! Terminé ! Hors de question de vivre entre 45° nord et 35° sud. Même les natifs sont incommodés. Et ce n'est pas encore l'été...
Bom venido, bienvenue au Pantanal qui vous réserve une autre gâterie: les moustiques. Les gros bombardiers accompagnés de moucherons et autres bêtes à z'ailes diverses sont irritants, envahissants mais inoffensifs. En revanche le petit sournois qui fait un bruit de mobylette surmenée est redoutable. Boursoufflés de piqûres malgré un solide répulsif on se gratte, on se gratte férocement, avec des envies de nuages de DDT...

Encore un rio d'eau claire et fraîche. Bain divin sous une cascade. Cette fois dans une végétation tropicale. Les orchidées parasitent des arbres imposants, les philodendrons montent au ciel, les jacarandas en fleurs éclaboussent de bleu. Et comme dans un tableau du Douanier Rousseau singes et oiseaux merveilleux sont dans le décor.
De petits singes d'une incroyable agilité qui sautent sans cesse d'un arbre à l'autre. Ils ont les sourcils de Pompidou et la queue de DSK. Un spectacle.

Pas mauvais la cachaça, l'alcool de canne brésilien. Bien loin d'un rhum antillais, mais agréable pour l'apéro.

Pour arriver au cœur du Pantanal une piste dans la fumée et des traces d'incendies récents. Après cette désolation nous faisons halte dans un lodge/camping magnifique au bord d'une rivière.
L'endroit est magique et correspond enfin à l'idée que je me faisais de ce Pantanal. Accueil bruyant d'une ribambelle d'aras multicolores. J'ignorais qu'ils puissent être aussi beaux et gros.
La rivière regorge de piranhas et de caïmans (appelés à la jacarés ici) . Le jeu consiste à pêcher les uns pour gaver les autres.
Je sors ma canne à lancer dont les truites patagones s'étaient moquées. Après une paire de piranhas c'est un caiman qui se jette voracement sur l'appât. Ça alors, je n'avais jamais pêché le crocodile ! Bien sûr la bête se débat, la canne plie et le fil se casse. Rude expérience, ça change de la fario.

La chaleur humide est réellement éprouvante. Nous quittons le Pantanal pour filer vers la Bolivie. Dans quelques jours nous serons en altitude éspérant y trouver un peu de fraîcheur.
Transition avant le froid de l'Altiplano...
A bientôt les amis.

Christine & Olivier

Olivier Crasquin
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Re: Amérique du Sud tome 4

Message par Olivier Crasquin » ven. 11 oct. 2019 09:12

Bonjour,

Voici le carnet de route N°4

Bernard

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Carnet de route N°4

Nous avons quitté le Pantanal par une jolie piste franchissant 70 ponts de bois. Un bac sur le rio Paraguay pour arriver à Corumba ville frontière avec la Bolivie. Malgré la chaleur et les moustiques le coeur du Pantanal fut un bon moment. Un rêve d'ornithologue, des oiseaux plus beaux les uns que les autres qui dés potron minet chantent, caquétent, piaillent, jacassent , etc... et vous éblouissent. Les couleurs des perroquets, le bec des toucans, l'élégance des échassiers, l'audace des rapaces, un spectacle enchanteur.
Pêche dans le rio. Le caïman saisit voracement le piranha qui se débat au bout de la ligne. Il est pris lui aussi. Un crocodile à la canne à pêche, c'est surprenant !

250 km dans un paysage calciné par les incendies de brulis et déforestation. Les habitudes, les intérêts, l'indifférence, l'ignorance, une vraie désolation. La fumée dilue encore l'horizon et nappe la piste. Seul point positif, les tas d'ordures qui jonchent les bas côtés brulent aussi...

San José de Chiquitos sous la pluie. Rues de boue rouge. Un drapeau français sur la façade d'un hôtel charmant. Les aubergistes, un couple venu de Chambéry. Bel accueil. Si loin du pays Ricard obligatoire.
Et la fête continue, devant la superbe mission jésuite du XVII ème nous sommes interpellés par Pierre. Venu de Nîmes il exploite ici une ferme d'élevage bovin. Bavardages fugaces et passionnants. Curieux destins de ces gens réalisant un rêve, fuyant un passé ou vrais aventuriers arrivés si loin de leurs racines dans ce bout du monde.

Ernesto "Che" Guevara est une idole en Bolivie. De Santa Cruz à Vallegrande la "route du Che" est très belle mais il n'y est pour rien bien sûr. Mémorial, statues, musée pas trop kitsch. A la gloire de ce Saint Just des tropiques avec quelques oublis historiques pour ne pas entacher sa mémoire.

L'altitude nous offre des bivouacs délicieusement frais. La route grimpe doucement sautant d'une vallée à l'autre. Petits villages animés et colorés, cultures variées et chauffeurs chauffards. Croix et mausolées plus nombreux que les bornes kilomètriques rappellent que le bolivien au volant est un "pue la mort".

Nous sommes arrivés à Sucre dans un sympathique repaire de routards. La soirée va être animée. La vieille ville est très belle. Les espagnols n'ont pas laissé que de mauvais souvenirs... Demain, en la visitant j'irai dans un couvent acheter de petits citrons verts confits. Ils étaient si bons il y a cinq ans.

A bientôt pour la suite des aventures.
Portez-vous bien.

Christine & Olivier

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